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#Agrandir

Extension de maison : ce que l’ingénieur vérifie

À Bruxelles, une maison mitoyenne gagne souvent une pièce d’environ 25 m² vers le jardin. L’ingénieur regarde d’abord sous terre et à la jonction : les fondations, le creusement près du voisin, et l’ouverture de la façade arrière.

On pense d’abord à la nouvelle pièce : la table, la baie vitrée, la toiture. Pour l’ingénieur, l’annexe elle-même est rarement le plus difficile. Dans cette maison bruxelloise, les risques se trouvent sous le niveau du jardin, là où l’on creuse à côté de fondations anciennes, et dans le mur du fond, là où l’on ouvre pour relier les deux volumes.

Des fondations à l’abri du gel, sur un sol connu

En Belgique, Buildwise rappelle qu’on considère une fondation posée à 70 ou 80 cm de profondeur comme à l’abri du gel. C’est un minimum : la profondeur réelle dépend du sol trouvé. Les fondations de la maison renseignent sur le sol sous la maison, pas sous le jardin, qui peut contenir d’anciennes terres rapportées.

Un petit essai de sol se réalise en général en une demi-journée. Son prix dépend du nombre de points testés, de leur profondeur et de l’accès pour la machine. Il se justifie dès qu’un doute existe, par exemple dans le fond de la vallée de la Senne, à Bruxelles, où le sol est souvent plus mou. En Wallonie, vérifiez aussi sur WalOnMap si la parcelle se trouve dans une zone liée aux anciens puits de mine et carrières souterraines.

Creuser près de la maison et du voisin

Creuser le long d’une fondation peu profonde réduit ce qu’elle peut porter et peut la faire s’enfoncer. Buildwise donne un repère, valable pour des bâtiments de trois étages au plus qui satisfont aux exigences actuelles de sécurité, ce qui n’est pas toujours le cas d’une maison ancienne : il doit toujours rester 50 cm de terre au-dessus du niveau d’assise de la fondation existante, c’est-à-dire du niveau où elle repose. Creuser plus près ou plus bas n’est admis que si un calcul démontre que la fondation reste stable.

Une cave voisine, une nappe d’eau proche ou une extension creusée plus bas que la maison changent donc tout. Si la fondation existante doit être descendue plus bas, ce renforcement par en dessous se conçoit et se planifie avant de creuser. Faites aussi constater l’état de la maison du voisin, en présence des deux parties, avant le chantier : si des fissures apparaissent chez lui, vous pouvez en répondre même sans faute (article 3.101 du Code civil). Pour savoir quelles fissures photographier sur ce constat, voyez quand s’inquiéter d’une fissure.

Lier ou séparer les deux volumes

Une fondation neuve s’enfonce un peu sous le poids qu’elle reçoit. La maison, elle, a fini de bouger depuis longtemps. Si les deux volumes sont liés de façon rigide, cette différence peut fissurer la jonction.

L’ingénieur choisit donc entre deux solutions. Soit il sépare l’extension de la maison par un joint, qui traverse toute la construction, fondations comprises, et que les finitions doivent respecter. Soit il lie les deux volumes et conçoit les fondations pour que ce léger mouvement reste compatible avec la maison. Un joint mal conçu ne protège pas des fissures.

Ouvrir la façade arrière

Relier l’extension à la maison, c’est presque toujours ouvrir la façade arrière. Dans une maison bruxelloise d’avant 1914, cette façade porte en général les poutres des planchers de chaque étage. La poutre qui remplace le mur reprend donc la façade au-dessus et une partie des planchers, parfois la toiture.

Cette poutre repose sur deux points, qui concentrent le poids. L’ingénieur vérifie le mur sous chacun, prévoit si besoin un bloc en béton sous la poutre ou une colonne, et suit ce poids jusqu’à la fondation, parfois à travers la cave. C’est souvent la partie la plus lourde de l’étude. Le prix d’une ouverture de mur porteur en donne un ordre de grandeur, distinct du prix de l’extension.

S’appuyer sur le mur mitoyen

Le Code civil permet d’appuyer une construction dans le mur mitoyen, le mur commun avec le voisin, jusqu’à la moitié de son épaisseur, avec l’accord préalable du voisin, ou à défaut après un jugement (article 3.111). Encore faut-il que le mur le supporte : l’ingénieur vérifie son épaisseur, son état et sa fondation, qu’on ignore souvent pour un simple mur de clôture de jardin. Une structure indépendante, avec ses propres poteaux ou son propre mur, évite fréquemment de s’appuyer sur ce mur et simplifie l’accord avec le voisin.

Une toiture plate qui porte plus qu’il n’y paraît

La toiture d’une extension est souvent plate et plus basse que la maison. La neige s’accumule contre la façade, sur cette partie basse : l’ingénieur la prévoit plus épaisse ici que sur le reste du toit.

Dites aussi à l’ingénieur, dès le départ, ce que la toiture devra porter plus tard : toiture verte, panneaux solaires ou terrasse ne demandent pas la même structure. À Bruxelles, Homegrade range d’ailleurs la terrasse sur un toit plat parmi les travaux qui exigent un architecte.

Notre étudeExtension et agrandissementFondations, structure neuve et raccord à la maison pour agrandir sans mauvaise surprise.Voir la fiche

Le budget de l’étude et des travaux

Pour une extension de 30 à 60 m², l’étude de stabilité d’ARK se situe en général entre 1 800 et 4 500 € hors TVA, TVA de 21 % en plus. Les grandes ouvertures dans l’existant et les fondations proches d’une cave ou d’un mur mitoyen pèsent davantage que la surface. L’essai de sol, l’état des lieux chez les voisins et le suivi de chantier sont chiffrés à part.

Pour les travaux, comptez de l’ordre de 1 000 à 3 000 € HTVA par m², soit 18 000 à 60 000 € environ pour une extension de 20 m², selon le système constructif et le niveau de finition. Les travaux peuvent bénéficier de la TVA à 6 % si la maison a plus de 10 ans, si la surface ajoutée ne dépasse pas celle de la partie conservée et si elle forme un seul ensemble avec elle. Les honoraires d’architecte et d’ingénieur restent à 21 %. Le guide des prix détaille ce qui fait varier une étude.

Permis et PEB selon la Région

Les règles ne sont pas les mêmes partout. À Bruxelles, pour une maison mitoyenne qui s’agrandit vers le jardin, le principe est simple : permis et architecte.

Bruxelles

Permis d’urbanisme et architecte.

Une extension accolée à la maison demande un permis avec architecte. Seul un petit bâtiment isolé au jardin, non habitable, de 9 m² au plus et 3 m de haut, en est dispensé (arrêté du 13 novembre 2008, article 21). Une fois le dossier déclaré complet, la commune décide en 75, 90 ou 160 jours.

Wallonie

Permis et architecte pour une pièce habitable.

Une extension habitable demande un permis d’impact limité, avec architecte, tant que l’ensemble n’occupe pas plus du double de surface au sol. Une annexe non habitable de 40 m² au plus, sans étage, à 2 m au moins de la limite avec le voisin, et une véranda par propriété, peuvent se passer de permis, sous conditions.

Flandre

Permis depuis le 1er mars 2026.

Les annexes accolées à l’habitation relevaient auparavant d’une simple déclaration, la melding. Depuis la réforme du 1er mars 2026, elles relèvent du permis, à demander via l’Omgevingsloket, y compris pour une véranda accolée.

Côté PEB, les parois neuves de l’extension doivent respecter les exigences énergétiques de la Région. En Flandre, une extension de 800 m³ au plus qui ne crée pas de logement suit les exigences de rénovation, élément par élément ; au-delà, ou si elle crée un logement, elle est traitée comme une construction neuve. À Bruxelles et en Wallonie, la catégorie des travaux et les formalités se fixent avec le conseiller ou le responsable PEB. L’isolation épaissit les parois et alourdit la toiture : l’ingénieur doit la connaître.

#VosQuestions

Les réponses à
vos questions.

Une étude de sol est-elle obligatoire pour une extension ?

Aucune règle générale ne l’impose pour une maison. Mais l’ingénieur doit connaître le sol pour choisir les fondations, et un petit essai de sol coûte peu à côté d’une fondation mal adaptée. Ne le confondez pas avec une étude de pollution du sol, qui relève d’une autre réglementation régionale.

Mon voisin doit-il donner son accord pour mon extension ?

Le permis ne dépend pas de son accord, mais il peut faire valoir ses observations lorsque le projet est rendu public. Pour appuyer quoi que ce soit dans le mur commun, son accord préalable est en revanche nécessaire, ou à défaut un jugement. Un constat de l’état de sa maison, fait avant le chantier en présence des deux parties, protège tout le monde.

Combien de temps dure le chantier ?

Quelques semaines à quelques mois, selon la taille, la façon de construire et les finitions. Une structure en bois préparée en atelier raccourcit le temps de construction. L’étude, le permis et la consultation des entrepreneurs prennent souvent plus de temps que le chantier lui-même : prévoyez-les dès le départ.

Une extension en bois a-t-elle besoin des mêmes fondations ?

Elle pèse moins, donc ses fondations peuvent être plus légères, mais elles doivent toujours descendre assez profond pour être à l’abri du gel, sur un sol qui porte. Les questions de creusement près de l’existant, de joint et d’ouverture de la façade restent les mêmes.

#PourAllerPlusLoin

Pour aller plus loin.

Extension et agrandissement

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